La Recherche Scientifique A l’UniversitE d’Oran*

Par Madame le Professeur A. Derdour

La réforme de l'enseignement supérieur de 1971 avait comme objectif la mise en place d'un ensemble d'opérations pour une recherche scientifique certes balbutiante mais combien ambitieuse. Pour l'alimenter, le décret (76.43) a institutionnalisé la première post graduation .Cette double action avait comme objectif principal l'algérianisation du corps enseignant (cf. Tableau 1, 2).
Depuis, la recherche scientifique a connu de nombreuse réformes et restructurations. Initialement, elle fut régie par l'ONRS (Organe national de la recherche scientifique).Par le décret (83.455), elle fut organisée en unités de recherche ou en centres de recherche (décret 83.521)

Tableau1. Evolution des post-graduants (1979-1988)

 

Tableau2. Evolution des post-graduants (1987-1997)

 

L'unité de recherche est un regroupement d'équipes de recherche, ainsi que de moyens et dont l'accent était mis sur les actions pluridisciplinaires. Mais ces unités de recherche se sont avérées n'être que des entités administratives et n'ont pas joué le rôle attendu .

L'université d'Oran Es-Senia disposait de six unités de recherche : Mathématiques, Physique, Chimie, Biologie, Science de la terre, Anthropologie sociale et Culturelle.

La notion de chercheur à temps partiel prend toute sa signification par le décret (86.52), qui permet au chercheur titulaire d'un magister ou d'un titre équivalent de participer à la réalisation d'un programme de recherche dont les modalités sont précisées dans un contrat de recherche le liant au M.E.R.S. (Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique).

En 1989 , sur les 850 enseignants que comptait l'université d'Oran, 170 seront impliqués dans un projet de recherche dont le nombre est de 59.
De plus, la recherche scientifique qui a été initialement une recherche formation, devait dés lors se préoccuper des préoccupations nationales et devenir une recherche développement.

Le plan national de la recherche était lancé avec un programme touchant pratiquement tous les domaines du développement du pays. Il n'y avait pas de politique de recherche, encore moins de moyens budgétaires pour la réaliser et encore moins la masse critique en chercheurs.
De plus le secteur socio-économique avait d'autres préoccupations et n'a pas jugé utile de prendre part à ce bouleversement. Quelques accords programmes (CNRS-DRS ; CMEP…) étaient initiés pour l'épauler. Mais là aussi, la réversibilité n'était pas de rigueur parce que les infrastructures locales trop insuffisantes.

Parallèlement la 2ème post graduation a été officiellement mise en place en 1987 (décret 87-70). Le secteur Socio-économique, s'est vu lui aussi, avoir droit à la formation de ces cadres par une post graduation dite spécialisée.
L'année 1989, voit l'extinction des unités de recherche. La recherche est évaluée par des comités nationaux d'évaluation, domicilié auprès du ministère avec pour objectif l'étude des programmes proposés par les différents établissements d'enseignement supérieur et leurs évaluations.

Tableau3. Evolution des post-graduants (1997-2004)

 

Cette formule a tenu la route assez longtemps, jusqu'en 1999, date à laquelle on assiste à une nouvelle réforme de la recherche universitaire.

Dans sa réunion du 07 Novembre 1995, le conseil du gouvernement a adopté et soutenu, à partir du 1996, une politique nationale de recherche scientifique mettant l'accent sur des programmes nationaux prioritaires de recherche et de développement technologique. Les commissions intersectorielles et les comités de programme, dépendant de la direction de la coordination de la recherche, avaient pour rôle d'examiner les projets proposés de type P.N.R, CNEPRU et les projets pilotés par les agences nationales de la recherche (ANDRU,ANDRS ...) et les centres de recherche (CRSTRA, CRASC…) .

Après ce long parcours, on s'est rendu compte qu'il ne pouvait y avoir une activité scientifique sans laboratoire. En 2000, cette notion de laboratoire prend forme, avec un regroupement des chercheurs, des locaux, un équipement scientifique, un personnel administratif et technique, et un budget de fonctionnement!. Le directeur de laboratoire est ordonnateur en second, le recteur étant l'ordonnateur premier.

L'université d'Oran compte 58 laboratoires répartis sur huit facultés :

1- Faculté des sciences sociales : 10.
2- Faculté des lettres, langues et des arts : 10.
3- Faculté des sciences humaines et civilisation islamique : 03.
4- Faculté des sciences commerciales, économiques et science de gestion : 04.
5- Faculté de droit : 05.
6- Faculté de médecine : 08.
7- Faculté des sciences de la terre, géographie et aménagement du territoire : 04.
8- Faculté des sciences : 14.

En conclusion, l'université algérienne a atteint on premier objectif qui est l'algérianisation de l'enseignement et la concrétisation d'un potentiel de chercheurs confirmés.
La création de laboratoires, même avec une semi autonomie est une bouffée d'oxygène pour la recherche scientifique. Il ouvre de grandes perspectives quant à la prie en charge des problèmes socio-économiques et environnementaux du pays. Le secteur socio-économique doit être à l'écoute des attentes des chercheurs.
Les laboratoires doivent être épaulés par des structures de valorisation des travaux scientifiques.

A. Derdour

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Remerciements :
Cette présentation a vu le jour grâce à:
- Mme.M. Metahri qui a su rationaliser toutes les données statistiques.
- Mr.Amrani, Ex-vice recteur chargé de la recherche et de la post graduation
- Mr.Dellil Ex-vice recteur de la prospective, de l'orientation et de l'information.
qui ont bien voulu nous communiquer les informations nécessaires.

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Extrait de SCIENCE Infos n°1, magazine de la Faculté des Sciences.