SI L'UNIVERSITE D'ORAN M'ETAIT CONTEE*
Par Madame le Professeur A. Derdour
J'espère que ces 32 années d'exercice à l'université d'Oran vont me permettre de m'aider à la présenter en tant que structure, mais aussi vous présenter son évolution et ses acquis.
Pour faire ce travail, j'ai fait appel au service de la planification du MERS pour les compléments de statistiques en étudiants et enseignants, au service de la planification de l'Université d'Oran dirigé par Mr DELIL, pour la chronologie des dates, et je ne saurai oublier madame M.METAHRI qui m'a aidé en tant qu'experte, à rationaliser toutes ces données. Qu'ils en soient remerciés.
Cette institution chère à nos cœurs était du temps de la colonisation, une simple annexe de l'université d'Alger avec comme seule faculté celle de médecine.
Vers les années 1961, elle s'est agrandie avec la création de 3 facultés : Droit , Lettres et Sciences.
En 1966, elle fut domiciliée à la Sénia, dans les locaux que l'on connaît et par ordonnance du 20/12 /1967 elle eut droit au titre de centre universitaire d'Oran, composé des 4 facultés ci-dessus et comptant 554 étudiants et 73 enseignants.
La réforme de l'enseignement supérieur de 1971 s'était assignée comme objectif l'algérianisation et par voie deconséquence à court terme l'arabisation pour une université algérienne authentique, autonome aussi bien administrativement que pédago-giquement et pourquoi pas scienti-fiquement. Elle devait donc faire face :
- A la croissance galopante en étudiants.
- A la formation des formateurs.
- A la mise en place d'un ensemble d'opérations pour une recherche universitaire scientifique formatrice, mais aussi prenant en charge les problèmes socio-économiques du pays.
Elle était certes balbutiante mais combien ambitieuse à l'époque.
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Dans cette présentation, seuls les 2 premiers points seront développés, le troisième point, fera l'objet d'une autre étude.
Pour répondre à cette problématique, cette réforme s'est soldée par la substitution des facultés par des instituts qui ont vu leur nombre augmenter ( de 4 à 11).
Ce nombre d'instituts n'a jamais cessé d'augmenter atteignant le chiffre de 14 avec comme nouveauté, la création en 1984 d'un institut national d'enseignement supérieur en sciences médicales (INESSMO) et par arrêté d'août 1986 la création d'un institut national supérieur de la civilisation islamique.
L'Université d'Oran voit son nombre d'étudiants exploser, par contre l'évolution en enseignants ne suit pas le même chemin. De 1986 à 1998, le taux en enseignants chute et varie peu globalement. Ceci peut s'expliquer par les événements qu'a connus le pays à cette époque, avec un départ conséquent de collègues à l'étranger, mais aussi à une formation locale figée.
Après 27 ans d'existence, par décret exécutif d'août 1998 modifiant et complétant celui de 1983, les instituts sont remplacés par des facultés qui sont au nombre de 8 avec un taux d'étudiants toujours croissant (plus de 40.000 en 2004) et une demande en enseignants importante.
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Au vu de ce compte-rendu appuyé par les différentes évolutions en étudiants et en enseignants de 1961 à aujourd'hui, l'Université d'Oran s'est acquitté de sa mission en répondant à la problématique de la formation et à l'algérianisation qui s'est effectivement faite.
L'arabisation a été appliquée dans la plupart des facultés, elle a rencontré des problèmes dans les facultés des sciences d'une façon générale, où l'encadrement, les moyens didactiques, se sont avérés insuffisants.
Il y'a lieu de signaler que, si sur le plan de la quantité, l'objectif est atteint, sur celui de la qualité il reste beaucoup à faire et en particulier dans le domaine de l'expérimentation pour les sciences.
Ce dernier ne peut être atteint qu'avec beaucoup de rigueur et de décisions socio-politiques réfléchies telles que l'accès à l'université, la révision du système d'examination pour les étudiants et le recyclage continu des enseignants (stages, bourses post-doctorales, participation à des manifestations scientifiques….etc).
La mise en place des LMD si elle était entreprise avec sérieux, rigueur et honnêteté scientifique et pédagogique pourrait régler certaines carences.
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Extrait de SCIENCE Infos n°1, magazine de la Faculté des Sciences.










